Négociation professionnelle
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Pour rappel, je suis chez Uby depuis le 20 juin dernier. Au service commercial dédié aux professionnels le matin, et à la boutique pour les particuliers l'après-midi quand il y a du monde. S'il n'y a personne, je reste au service pro en attendant que quelqu'un sonne pour être servi.
Au service pro, je suis la 5ème femme de l'équipe, composée de :
- une grande chef de 50 ans qui est là depuis 13 ans. Une très bonne responsable commerciale, qui a beaucoup fait dans le succès de Uby. Mais on ne peut pas tout savoir bien faire, et elle est tout sauf un bon manager, totalement tyrannique et intransigeante.
- une petite chef de 28 ans qui a commencé sa carrière chez Uby en apprentissage et qui y est toujours 12 ans après. C'est le clone de la première, tant elle n'a jamais vu qu'elle et l'a toujours considérée comme Dieu.
- une jeune femme de 31 ans aux dents très longues et qui a trouvé la bonne opportunité pour faire sa place au soleil : elle s'est mise en couple quelques jours après son arrivée chez Uby l'an dernier en mai, avec le beau-frère de la petite chef. Du coup, ces deux là parlent petite culotte et réunion de famille dominicale à la moindre occasion, alors que les autres sont au téléphone avec des clients. Normal.
- une femme de 55 ans, embauchée avant la troisième, juste adorable. Pas du tout le profil de la conquérante, voire même très discrète et surtout anti-conflits. La proie idéale des trois premières, qui lui trouvent tous les défauts du monde, surtout celui d'être trop vieille pour être efficace. Si bien qu'en lui mettant une pression d'enfer à la moindre erreur (que toutes les autres font aussi bien entendu), cette pauvre femme est complètement flippée, et accumule les conneries à la chaîne.
- et enfin moi, toute fraîchement intégrée, et trop contente d'être arrivée là, chez Uby. Moi qui suis issue d'une longue carrière parisienne où le pire m'est déjà arrivé en termes de management et de relations inter-collègues. Moi qui n'ai plus de pression, ou en tous cas qui ne la supporte plus. Moi qui ai choisi de renoncer à une riche mais difficile carrière à Paris pour venir gagner mon smic au vert sans harcèlement au quotidien. Moi qui n'ai plus peur des grandes méchantes chefs ou des jeunes garces en bandes. Moi qui suis totalement encouragée par mon chéri pour ne pas subir mon boulot maintenant qu'on est arrivés tous les 4 là où on voulait être à force de détermination et de choix parfois difficiles. Moi, qui au bout de 4 mois, suis parfaitement capable d'analyser la situation et de décider que vraiment, je ne veux plus jamais travailler dans cette ambiance matinale, mais que vraiment, j'adore travailler avec ma seconde chef, au service des particuliers.
Alors je suis allée voir la DRH, je lui ai tout raconté, et lui ai demandé de regarder s'il était possible de changer mon contrat pour ne plus jamais travailler avec "les filles". Ca ne l'a même pas étonnée...
J'avais déjà envoyé un CV en réponse à quelques offres, et la prévenait donc par la même occasion qu'elle allait peut-être recevoir des appels me concernant (il parait que ça se fait beaucoup ici, tous les employeurs du coin se connaissant depuis l'école ou les fêtes de village).
J'ai même eu deux entretiens ailleurs avant qu'Uby ne me propose un nouveau contrat de rêve, recentré sur les particuliers sauf en période de congés des filles où je devrai les remplacer. La mise en place définitive de mon nouveau contrat aura lieu au 1er janvier 2017 au plus tard, le temps que ma remplaçante nous rejoigne.
Ce sera donc un 35h/sem annualisées au lieu de 39h, ce qui me demandera de travailler parfois 45h/sem en été, mais pas du tout pendant un mois et demi en février-mars. Ils m'ont même prévu 2 semaines de congés en juillet, ce que je n'osais même pas demander. Certes je perds 4h de salaire par semaine, mais quelle joie pour moi de rester chez Uby dans ces conditions !
Moralité : il faut toujours aller au bout de ses idées, et ne jamais se laisser influencer par la peur ou la culpabilité que la société veut nous imposer.

