C'est animé en SEGPA !

  • Marie Noëlle Kuhri Lefèvre

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre dans la confidence de deux événements survenus dans la classe d'Adrien, qui lui ont valu de rédiger ces deux rapports d'incident.

Ce lundi, de retour de récréation, Mr Bidule entre en salle de classe et s'aperçoit que son sac à dos est coincé par le pied d'une chaise. Il attrape alors la chaise et la relève très sèchement dans un geste que l'on peut qualifier de dangereux et particulièrement inconsidéré. Il lève cette chaise tellement haut qu'elle arrive à percuter la tête de Mlle Machine au niveau de son arcade sourcilière. La jeune fille se met à hurler de douleur en se tenant l’œil. Après avoir mis à l'écart Mr Bidule, j'ai fait conduire Mlle Machine à l'infirmerie par une de ses collègues. La suite de l'explication avec Mr Bidule est assez houleuse, il reconnaît avoir eu un geste brutal qui reste un accident, mais emploie un ton peu en adéquation avec la situation qu'il minimise sans se rendre compte des conséquences graves que ce geste aurait pu avoir. Il reste sur ses positions et ne s'ouvre pas du tout à la discussion tout en restant sur un comportement très hautain. Ce qui m'a conduit à l'exclure de mon cours.

Et le second :

Mardi 12 Avril 2016, cours HAS de 13h30 à 17h30.

Les trois premières heures se déroulent sans encombres, quand se présente la dernière activité de l'après-midi : le rangement de la lingerie avant les vacances scolaires, repassage et entreposage des blouses et des torchons de cuisine. Mr Schmoldu se présente alors sous un nouveau visage, vraisemblablement peu disposé à participer à cette activité dans de bonnes conditions.

Il commence par s'en prendre à une blouse qu'il secoue par de grands gestes. S'en vient ensuite la maltraitance du matériel pédagogique mis à sa disposition, c'est à dire la centrale vapeur dont il frappe le fer chaud sur le socle plusieurs fois. Je le mets en garde de se calmer lorsqu'il porte le fer en l'air dangereusement à bout de bras et à hauteur du visage de ses camarades. La situation présentant un réel risque pour la sécurité du groupe, nouvel avertissement. Le ton monte. Mr Schmoldu me tourne alors le dos en marmonnant ce qui aurait pu être interprété comme une protestation insultante envers moi. Cadrage et mise à l'écart lui sont alors imposés.
Il finit par reprendre son travail, confirmant son attitude négative et protestataire. Il me présente une blouse qu'il qualifie de «repassée». Un travail que je juge «ni fait, ni à faire». Je le somme de recommencer, alors que ses camarades ont eux, terminé de repasser et de ranger l'intégralité de la lingerie. Sa grandiloquence et la nuisance qu'il porte au groupe, sans parler de ses nombreux gestes d'énervement et d'irrespect, me conduisent à le menacer de le coller. Chose mise à exécution huit minutes avant la fin du cours, accompagnée d'une exclusion de la salle.

Je lui prends son carnet de correspondance pour y signifier ses méfaits et m'aperçois alors qu'à la date du jour, le matin même, son professeur d'Arts Plastiques, Monsieur Z, y avait noté exactement les mêmes remarques en y suggérant des sanctions.

Suite à cela, et constatant que cette attitude s'est déjà présentée à de nombreuses reprises au cours de l'année scolaire, j'émets de fermes doutes quant à la participation de Mr Schmoldu à la sortie que j'organise le 12 mai au marché d'Eauze. Considérant que je serai le seul accompagnateur lors de cette sortie, je ne souhaite pas avoir à gérer une telle situation à l'extérieur de l'établissement.

De plus, et ce, quelles que soient les sanctions qui seront prises envers Mr Schmoldu suite à ces événements intolérables, je souhaite que les quatre heures de colle que je lui ai signifiées lors de cette séance soient mises à profit afin qu'il puisse réfléchir en exécutant un travail que je lui aurai préparé, à son attitude inacceptable envers ses professeurs et surtout envers son groupe de travail.

Quand je vous disais que c'est sportif la SEGPA !

Et encore, il y a eu pire cette semaine : un autre prof a retrouvé un élève le pantalon baissé et son "engin en pleine forme" posé sur une table de travail, à l'exposition vantarde de ses copines de classe.

L'une d'elles s'est d'ailleurs empressée de prendre une photo avec son portable, avant de se le voir confisquer et de se faire convoquer chez le proviseur avec l'Apollon pour empêcher toute divulgation numérique sur les réseaux sociaux...

Et ils ont à peine 14 ans !

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