Mais où va-t-on ?

  • Marie Noëlle Kuhri Lefèvre
Mais où va-t-on ?

Hier soir, conseil de classe de Victor auquel j'ai assisté puisque je suis déléguée de parents d'élèves.

En introduction, le proviseur nous a rappelé que la 5ème ne faisait pas partie du cycle où l'on peut redoubler selon les nouvelles directives du ministère, et qu'il n'y aurait pas d'autres commentaires à apporter aux bulletins que "Passage en 4ème envisagé". Devant mon énorme étonnement, l'un des profs m'a dit "Bah oui, Madame, vous savez, faire redoubler un enfant, ça coute trop cher à l'Etat".

C'est donc comme ça maintenant. Comme ça coute cher, on forme mal, et on ne redresse pas des barres qui sont déjà bien trop hautes pour certains. Seuls les PARENTS (alors là, on rigole), peuvent demander le redoublement, qui sera, au bon vouloir du proviseur, accepté ou pas. Ca dépend bien sur des places disponibles. Faudrait pas avoir à ouvrir une classe supplémentaire quand même...

Première raison de m'énerver.

En rentrant, je raconte ça à Adrien, qui en rajoute une seconde, avec la nouvelle directive reçue pour la SEGPA. Cette année, le taux de réussite en 3ème sera de 100% en juin. Pas la peine de discuter, il sera de 100%. Savoir lire, compter, écrire ? Pas de problèmes, 100% des élèves sauront le faire en juin 2016 en France entière. Quand on voit quels élèves il a dans ses classes, quand on voit même ceux qui peuplent le collège de Cazaubon, et quand on voit le niveau d'orthographe des adultes, anciens élèves de hautes écoles et cadres supérieurs aujourd'hui, on a franchement de quoi se marrer.

Non, mais sans rire, où va-t-on avec ce système scolaire au rabais et ces économies sur l'un des piliers de notre nation ?

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Ce sera bien suffisant pour vivre sa vie sur Facebook, ne sois pas inquiète.
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