Elle nous aura tout fait
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La prof d'anglais de Victor est une des grandes responsables du trou de la sécurité sociale. Depuis un peu plus d'un an que nous la côtoyons, elle a cumulé un nombre de jours d'absence totalement incroyable. Les motifs connus sont souvent très basiques (la grippe, l'angine, la gastro, elle nous a tout fait en 15 mois...) et bien souvent contestables (une semaine d'absence pour surmenage après le voyage en Angleterre des 3èmes, qui avait lui même causé 10 jours sans cours d'anglais).
Mais il faut reconnaître que depuis le début de cette année, elle a moins été absente longtemps à la suite, et les cours qui sautent une fois dans la semaine apparaissent moins comme le nez au milieu de la figure.
La semaine dernière, elle était de nouveau absente 3 jours. Et devinez ce qu'elle a donné comme raison ?! "J'ai eu la rage".
Quand Victor nous a expliqué ça, on a tous éclaté de rire, méchants individus narquois que nous sommes. Au delà d'une imagination débordante qu'elle a peut-être et d'une fragilité immunitaire certaine, cette pauvre femme a quand même pas de bol. La rage... Ca ne s'invente pas, ça !
A y regarder de plus près pour écrire ce post, il semble effectivement que la rage revienne en force depuis quelques années dans nos contrées.
Le mot fait peur. Il évoque une maladie d’un autre âge, sans doute aussi ancienne que l’humanité. Mais elle n’est pas révolue : chaque année dans le monde, 40 000 à 70 000 personnes en meurent encore. En France, le dernier cas humain d’origine autochtone remonte à 1924.
Quatre-vingt ans après, la voici à nouveau d’actualité depuis l’alerte déclenchée ces derniers jours par la préfecture de Gironde. Un chiot infecté, importé illégalement en France, fait craindre le pire. Au moins neuf personnes et 3 autres chiens auraient été en contact avec cet animal. Il a été abattu, mais ses contacts sont activement recherchés. Pour tous, il y a danger de mort.
La rage se transmet principalement par morsure. Le plus souvent par un chien mais aussi par une chauve-souris, un chat, un renard… A un degré moindre, griffures et autres léchages peuvent représenter des facteurs de propagation. Pour la petite histoire, la maladie est due à un virus de la famille des Rhabdoviridae.
Contrairement aux virus transportés par voie sanguine, le virus rabique se diffuse dans l’organisme par voie nerveuse. Après une période d’incubation qui peut aller de un à six mois, la maladie apparaît jusqu’à provoquer une méningo-encéphalite. Altération du caractère, état dépressif et/ou anxieux, douleurs au niveau de la cicatrice de morsure… la maladie commence à se manifester par de nombreux signes.
Elle peut ensuite basculer vers une phase dite d’excitation. Celle-ci est caractérisée par des spasmes intenses au niveau des membres, du tronc mais aussi par une hydrophobie – crainte morbide de l’eau et de tous les liquides en général – et des troubles mentaux : accès maniaques et hallucinations. Enfin, une paralysie des extrémités et des nerfs crâniens est généralement constatée avant la mort, inéluctable, qui survient par suffocation.
Au cours de nombreuses épidémies de rage les siècles passés, il n’était pas rare de voir des victimes de morsures d’un animal suspecté de rage mettre aussitôt fin à leurs jours… Grâce à Louis Pasteur et son vaccin, il est aujourd’hui possible de guérir. A condition d’agir avant les premiers symptômes.

