En colère

  • Marie Noëlle Kuhri Lefèvre
En colère

Victor nous a donné ce WE une lettre que le proviseur a rédigée à l'intention des parents, nous signifiant que le nombre de parents d'élèves volontaires pour représenter les enfants pendant l'année est à tel point insuffisant, que sans nouvelle initiative parentale dans la classe de Victor, on demanderait à des parents d'autres classes de faire double boulot en intervenant aussi au conseil de 5èmeA.

Il y a 15 enfants dans la classe de Victor, et une seule maman avait dès le départ fait preuve de motivation pour être parent d'élève. Passe encore. On peut (comme moi d'ailleurs au début de l'année) ne pas aller en 1ère ligne en se disant que d'autres seront volontaires. Mais ce qui me choque, c'est que je suis la seule à avoir finalement réagi à ce courrier que les enfants ont reçu le 12/11, il y donc 11 jours !! Et évidemment, je suis instantanément devenue titulaire hier matin au téléphone, dans la plus grande indifférence, pire dans la plus grande ignorance de tous.

J'ai peine à croire que les autres enfants ont oublié le courrier au fond du cartable. Non. Je pense malheureusement que tout le monde s'en fout, même en ayant lu le courrier. Tout le monde se dit "c'est bon, j'ai déjà donné, place aux autres" ou alors "je n'ai pas le temps", ou encore "je ne saurai pas faire" . Ca me rend dingue.

Tout autant que je l'étais à l'époque de la crèche parentale (où l'investissement était finalement juste énorme, et où demander de faire tous ensemble de la peinture un WE était quand même du grand sadomasochisme ! Pardonnez-moi les copains).

Tout autant qu'en maternelle et primaire, où j'ai toujours pu constater l'absence des parents puisque moi, j'étais là.

A Saclay, je ne m'étonnais pas, indifférence générale entre franciliens obligerait ? Mais ici... Je n'en reviens pas.

Bref, je suis déléguée de parents d'élève. Victor n'est pas ravi de savoir que je vais assister au conseil de classe et tout entendre sur son cas, mais plus tard, il comprendra. Enfin j'espère.

Tout ça va finalement dans la lignée de l'évolution de notre société. Tout le monde râle, mais personne ne fait rien pour que ça aille mieux. On fait des minutes de silence et on affiche son humanité à des parfaits inconnus à grands coups de mur Facebook, mais on en reste pas moins parfaitement indifférent à son environnement. Même pour ses gosses.

Beurk.

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