Soyons réalistes
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Changer de rue n'a finalement pas l'effet escompté. Ce graphique le prouve.
Donc, soyons réalistes, et faisons les constats douloureux et néanmoins nécessaires :
- Le monde entier va mal économiquement, la France n'échappe pas à la règle, et le commerce de proximité en prend partout plein la gueule. Même à Barbotan les thermes, la plus grande station thermale de Midi Pyrénées, blablabla...
- J'ai choisi un créneau tout à fait accessoire en temps de crise. Le curiste qui a un tout petit budget "je fais plaisir à quelqu'un" le dépense pour lui, 9 fois sur 10 dans de la bouffe. Parfois il va même au restaurant, pas souvent si j'en crois mes collègues restaurateurs qui sèchent au soleil aussi. En tous cas, le curiste ne rapporte plus rien à ses gosses ou à sa voisine. On vit dans un monde d'égoïstes mal élevés.
- J'ai déjà tellement accumulé de retard en 4 mois, c'est à dire sur la moitié de la saison ou presque, qu'il me sera impossible à ce stade de me verser le moindre salaire en fin d'année.
Me voilà donc là au carrefour où je ne pensais arriver qu'en novembre prochain. Au carrefour où il convient de se demander pourquoi je fais ça, et ce que ça me rapporte tous niveaux confondus.
J'y pense en boucle depuis plusieurs semaines, tout le temps. Ca m'épuise, nerveusement, mentalement, physiquement. J'en viens même à me bloquer l'épaule tant je tire sur le médian de la colère, et il me faut 2 séances chez l'osthéo pour me débloquer un peu.
Je suis en colère, je suis dépitée, je mordrais volontiers tous les curistes qui passent devant ma boutique sans s'y arrêter, mais je suis réaliste. Pire..., je suis résignée.
Car j'ai pris ma décision, avec l'accord de mon petit mari chéri bien sur : je lâche l'affaire. Tout de suite. Sans attendre la fin de la saison. Je mets en place les choses dès maintenant, avant qu'il ne soit trop tard pour arriver à honorer mes charges courantes, régler mes fournisseurs qu'il faudra payer si je dois passer de nouvelles commandes pour faire toute la saison, et surtout, surtout, payer le RSI à qui je dois encore 2000€ en 2015. C'est du moins ce qu'ils ont calculé alors que je n'ai rien gagné l'an dernier. Ah si, pardon. J'ai fait 719€ de bénéfice en 2014. Je suis bien conne d'ailleurs, j'aurais dû les piquer dans la caisse et me faire un bon gueuleton avec. C'aurait été ça de pris et de pas donné au fisc.
Donc, je lâche l'affaire. Les soldes me permettent de suite de commencer la liquidation des stocks sans effectuer 2 mois de démarches administratives obligatoires en dehors de ces plages là (aaaah... la France).
50%, c'est ce que je ferai la semaine prochaine, sur toute la boutique, et jusqu'au 4 aout que finissent les soldes. Ensuite, je ferai des promos exceptionnelles, puis des remises incroyables, puis j'aurai peut-être enfin le droit de dire officiellement que je liquide mon stock (en respectant les alinéas du code du commerce sous peine de sanctions terribles, genre 15000 € d'amende je crois. Ils sont fous).
Je prie pour que ça aille vite. Très vite. Que j'arrive à tout fourguer à prix coutant au plus tôt. Et que je liquide la société.
De là, les comptes seront clos, le RSI me lâchera, et si j'en crois ma conseillère Pole Emploi, j'aurais même droit à l'ASS, l'Allocation de Solidarité Active. 16€ par jour. En foutant rien. 500€ par mois. Un 1/2 smic. Non imposable. Mais il faut aussi que je demande à la CAF. Si ça se trouve, ils vont même bien vouloir me donner le RSA !!!!

